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  Deux frères 65/25 (25x50cm) Cette image m'est venue comme ça, mais plusieurs jours après, j'ai cru avoir trouvé la clé du personnage dont la tête est manquante. Il s'agit, je crois, d'une allusion à son absence (il est mort) mais aussi à sa maladie d'Alzheimer qui lui a fait perdre la tête. Le paysage me ramène aux années passées dans un village près de Hanovre où lui et moi ainsi que notre nounou étions logés chez des paysans alors que les parents logeaient ailleurs dans le village. Je me rappelle surtout les bons moments passé dans cette campagne et la gentillesse de nos hôtes immortalisés par une photo que je chéris, mais aussi des rares bombardements et des chasseurs anglais qui nous survolaient parfois en rase-mottes, des jeux de guerre avec d'autres enfants et le restaurant du village à la nourritures détestable. Comme mon frère d'ailleurs qui était rongé par une jalousie maladive qui s'exprimait par des coups dont j'étais la victime. Au poin...
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  Course, collage no.20/2025 (27x60cm) J'ai trouvé la photo des coureurs dans un vieux magazine GEO. J'ai pensé aux foules des villes, à la surpopulation, à l'instinct grégaire, à l'immigration, au progrès et, le jour d'après, à l'enfer avec une seule petite porte pour en sortir. Ces foules occuperaient un cercle infernal dantesque qui les obligerait à être sans cesse en mouvement, avec l'illusion de progresser. Souvent, je me pose la question où je me trouve dans une telle image. Ici, la réponse est facile : dans la figure qui semble survoler la foule et que j'imagine atterrir de l'autre côté de la barrière. Et que puis-je espérer y trouver? Un espace visiblement bien dégagé, menant je ne sais où, mais dans le calme et dont la direction semble toute indiquée. On y est loin de l'agitation du monde à suivre sa propre voie. Peut-être se transforme-t-on ainsi en roi du monde ?
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SUR LA COHERENCE La plupart des artistes montrent une cohérence stylistique qui permet de les reconnaître au premier coup d’œil. En ce qui concerne le collage figuratif, je parlerais d'incohérence parce que l'apparence de l’œuvre est dictée par les images trouvées et que l'art consiste à les assembler pour former un ensemble cohérent et qui reste souvent énigmatique. Alors comment reconnaître un de mes collages ? Peut-être par l'incohérence spatiale, temporelle, anatomique ou logique qui se retrouve dans ce que je fais. Et aussi par le fait de parler souvent de ce monde. A la réflexion, je m'aperçois que mes racines juives y jouent un rôle important dans le fait de me pencher sur le passé et d'être très sensible aux persécutions et à la soumission volontaire. Je me sens proche des artistes allemands - « dégénérés » ou expressionnistes d'avant le IIIe Reich et très éloigné du mainstream actuel. Quant à l'art digital, voire « collage digi...
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  Bilan 2024 en 3 images C'est l'année du grand voyage. 7 semaines loin de Genève, en Asie, un vrai lavage de cerveau. Ici le regard sur l'autre me semble indifférent, voire méfiant, à la différence des pays que nous avons visité. J'ai décidé d'être plus attentif à autrui.                J'ai l'impression que les démons de l'antisémitisme se sont libérés et envahissent le monde entier. Rien de bon à l'horizon. La boucle se referme. Mon pessimisme hérité de mes ancêtres se trouve conforté.   J'ai fait ce collage pendant notre voyage, à partir de 3 revues de mode trouvées dans une librairie à Ubud (Bali) et d'une paire de ciseaux, un cutter et un bâton de colle achetés au supermarché. J'ai été conforté dans l'idée de voyager léger et que créer ne dépend pas d'un atelier ni d'un matériel spécifique, ni d'une adhésion aux idées en cours mais du libre cours de ma fantaisie, sans idées préconçues. Il est vrai qu'il m'...
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  Was bleibt (Foto, Doppelbelichtung) Bei meinem Aufenthalt in Frankfurt am Main habe ich das Jüdische Museum besucht, das aus zwei Gebäuden besteht. Das erste steht über den Ruinen der abgebrannten Synagoge und neben dem jüdischen Friedhof. Mit Schlüssel und Kippa ausgerüstet geht es an der Friedhofsmauer entlang zu einem kleinen Tor. Dahinter erstreckt sich der Friedhof. Einige Steine sind zerschlagen - ein Andenken an die Ausschreitungen von damals – und liegen im Gras. Die anderen stehen mehr oder weniger aufrecht inmitten der wuchernden Gräser und Zweigen. Die hebräischen Inschriften sind kaum leserlich. Das ist also übriggeblieben: Ruinen und schiefe Grabsteine, habe ich gedacht. Wie sollte ich das ausdrücken? So kam es zu diesem Foto.
  Réflexions sur mon travail . 3.8.24 Je pars toujours d'une image, feuille entière ou bout de photo à la manière d'un musicien de jazz qui part d'un morceau de musique, d'un standard, pour ensuite improviser dessus. C'est ce qui se passe quand je commence un collage. Je n'ai pas d'idée préconçue, juste un motif aperçu au hasard parmi le fatras des revues, pages arrachées et autres fragments qui jonchent ma table de travail. Les morceaux suivants s'enchaînent comme par enchantement ou dans la douleur, c'est selon – je colle, décolle, dessine, efface, tourne la feuille... jusqu'à complétion. Souvent je ne sais pas où tout cela me mène, je suis dans un état second et je ne découvre le vrai sens lorsque je me mets à y réfléchir, à analyser l'image par l'écrit. Cette démarche intuitive me distingue de pas mal des autres « collagistes » qui me semblent suivre des schémas à l'intérieur desquels ils déploient leur art. Ainsi, par ex. u...
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  215-24 (28x38cm) Le jeune homme qui louche Cette image bucolique représente pour moi une sorte de pièce de théâtre où chaque personnage joue son rôle prédéfini, sans espoir de changement, sans renouvellement. Sauf le jeune homme. On voit la campagne anglaise, un chasseur et une dame avec un bouquet de fleurs, son mari, l'enfant, un chien de chasse. Un tableau typiquement anglais du 19e s. Au premier plan un jeune personnage au sexe indistinct – la part masculine a le cerveau dans les arbres et un visage plein de rougeurs, l'autre moitié, féminine, teint impeccable nous regarde. Deux aspects de l'adolescence : de l'acné juvénile vs. la gloire de la jeunesse et l'éveil de la sexualité. Et, surtout, un parfait spécimen de la bourgeoisie. C'est par le regard interrogateur que j'arrive à m'y projeter – personnellement je n'ai jamais voulu me conformer à ce stéréotype et j'ai quitté ce milieu à 19 ans pour toujours. Sans regret ! Je me demande to...