no.4/26 Le dilemme
C'est venu tout seul et j'éprouve une très grande satisfaction de l'avoir fait. Ce que j'expérimente là c'est la juxtaposition d'éléments hétéroclites comme une illustration d'un livre pour enfants, de morceaux de Guernica, d'une illustration de livre sur l'histoire de la Suisse, de morceaux de photos, sans chercher à raconter une histoire, même si elle se dégage d'elle-même, sans que j'en aie eu l'intention.
La jeune princesse est malmenée par une vilaine sorcière et derrière elle c'est le chaos. C'est un non choix. C'est la situation de l'Europe aujourd'hui, il me semble. D'un côté la scène qui illustre un conte de Grimm et de l'autre l'expressionnisme des figures de Picasso et du chaos régnant. Stylistiquement, c'est une gageure de faire coexister des styles antagonistes. La violence du conte de fées est atténuée, suggérée, alors que l'expressionniste de Guernica est poussé à son extrême. A l'heure où les éditeurs expurgent les livres, de peur de heurter des gens qui feignent l'indignation et en niant le style de l'écrivain, le monde suit son cours en se moquant des sensibilités des censeurs. On tente de cacher la vérité douloureuse aux enfants : le monde est, a été et restera sans doute un sacré bordel. Force est de le constater.

Commentaires
Enregistrer un commentaire