Brève biographie Il faut croire que j’étais pressé de venir au monde le 31.1.1941 puisque que le médecin n’a pu que constater ma présence à son arrivée. Peu de temps après ma naissance, nous sommes partis vivre à la campagne à cause des bombardements alliés massifs et des menaces qui planaient sur nous en raison des origines juives de ma mère. Dans ce village, Eldagsen, mon frère, notre nounou et moi habitions chez un couple de paysans, et mes parents dans une autre maison, sans doute pour nous préserver en cas d’arrestation par la Gestapo. Mes souvenirs de cette époque se bornent à des images de lieux, à quelques événements spectaculaires tels les bombardements et la précipitation avec laquelle on me conduisait dans l’abri, un ciel nocturne zébré des rayons de la DCA, les jeux de cache-cache devant la menace des avions britanniques qui volent en rase motte, une visite du jardin de notre hôte, ma literie qui touche le poêle et commence à brûler, et moi, muet et fasciné, qui...
Deux frères 65/25 (25x50cm) Cette image m'est venue comme ça, mais plusieurs jours après, j'ai cru avoir trouvé la clé du personnage dont la tête est manquante. Il s'agit, je crois, d'une allusion à son absence (il est mort) mais aussi à sa maladie d'Alzheimer qui lui a fait perdre la tête. Le paysage me ramène aux années passées dans un village près de Hanovre où lui et moi ainsi que notre nounou étions logés chez des paysans alors que les parents logeaient ailleurs dans le village. Je me rappelle surtout les bons moments passé dans cette campagne et la gentillesse de nos hôtes immortalisés par une photo que je chéris, mais aussi des rares bombardements et des chasseurs anglais qui nous survolaient parfois en rase-mottes, des jeux de guerre avec d'autres enfants et le restaurant du village à la nourritures détestable. Comme mon frère d'ailleurs qui était rongé par une jalousie maladive qui s'exprimait par des coups dont j'étais la victime. Au poin...
SUR LA COHERENCE La plupart des artistes montrent une cohérence stylistique qui permet de les reconnaître au premier coup d’œil. En ce qui concerne le collage figuratif, je parlerais d'incohérence parce que l'apparence de l’œuvre est dictée par les images trouvées et que l'art consiste à les assembler pour former un ensemble cohérent et qui reste souvent énigmatique. Alors comment reconnaître un de mes collages ? Peut-être par l'incohérence spatiale, temporelle, anatomique ou logique qui se retrouve dans ce que je fais. Et aussi par le fait de parler souvent de ce monde. A la réflexion, je m'aperçois que mes racines juives y jouent un rôle important dans le fait de me pencher sur le passé et d'être très sensible aux persécutions et à la soumission volontaire. Je me sens proche des artistes allemands - « dégénérés » ou expressionnistes d'avant le IIIe Reich et très éloigné du mainstream actuel. Quant à l'art digital, voire « collage digi...
Commentaires
Enregistrer un commentaire